Nom Tuscano
Prénom Martina
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L’alimentation au défi de l’écologisation. Une analyse sociologique de l’action publique et de l’action collective dans deux territoires de Provence-Alpes-Côte d’Azur

Discipline.s
  • Sociologie
Encadrant.e.s Claire Lamine
Ecole doctorale EHESS - ED 286
Organisme d'accueil UR Ecodéveloppement - INRAE
Adresse de l'organisme d'accueil 228, route de l’Aérodrome Domaine Saint Paul Site Agroparc - CS 40509 84914 Avignon Cedex 9 FRANCE
Date de début de thèse 02.10.2017
Date de fin (prévue si thèse en cours) 06.12.2022
Résumé Depuis une vingtaine d’années, l’enjeu environnemental est érigé en problème central autour duquel les récits et les projets collectifs doivent être formulés et construits pour être légitimés. Il investit l’ensemble des domaines sociétaux et les domaines agricole et alimentaire n’échappent pas à ce processus. Ce travail retrace l’émergence des questionnements environnementaux en matière d’agriculture et d’alimentation au prisme des politiques publiques locales et de mobilisations citoyennes. Déroulée entre 2017-2020, l’enquête combine approches sociohistorique et ethnographique au sein de deux territoires de l’arrière-pays méditerranéen, le Var et les Alpes-Maritimes.
L’analyse s’attache à comprendre la manière dont des acteurs mobilisés au sein de collectifs institutionnalisés, militants ou expérimentaux, s’emparent des questions environnementales dans un champ d’action singulier. Ce travail se situe en sociologie de l’environnement et mobilise les cadres conceptuels de la sociologie des mobilisations et des problèmes publics, ainsi que de la sociologie de l’action publique. Au fil d’une enquête qui m’a conduite à suivre de près des citoyens et des professionnels engagés dans le milieu associatif, des agriculteurs et des élus, j’ai produit une double analyse concernant l’intégration progressive des registres environnementaux dans les politiques agricoles et alimentaires territoriales et les mobilisations citoyennes (1990-2020).
L’analyse sociohistorique montre que les « récits de l’écologisation » fabriqués localement résultent à la fois de l’écologisation des politiques agricoles et alimentaires, et de revendications portées localement par des collectifs d’acteurs agricoles et non agricoles. Ces récits se bâtissent et circulent à l’appui d’oppositions, de conflits territoriaux et d’alliances locales, et s’affirment grâce à l’engagement d’acteurs qui circulent dans les réseaux militants et alternatifs comme dans les espaces délibératifs locaux. La dimension physique du territoire, l’histoire économique, politique et économique locale, sont des variables centrales dans la construction d’une « question environnementale ».
De manière complémentaire, l’analyse ethnographique examine des dispositifs et de programmes de l’action publique territoriale (e.g. Projets Alimentaires Territoriaux) et des initiatives citoyennes (associations environnementalistes, structures de l’ESS, mobilisations de consommateurs, groupements de producteurs). Elle montre que l’écologisation des politiques agri-alimentaires s’accompagne d’une « projectification » de l’action publique, qu’inféode le changement aux programmes étatiques dédiés et à un recours massif à l’expertise. Elle suggère également que les formes d’action collective étudiées traduisent des compréhensions différenciées des problèmes environnementaux ancrés dans des contextes politiques, économiques et sociaux situés.
Par la combinaison d’une approche sociohistorique et ethnographique, cette thèse propose alors une lecture de la territorialisation de l'alimentation à travers le prisme des enjeux environnementaux auquels consommateurs, agriculteurs et élus locaux sont confrontés.
Liens avec le programme RMT
  • Axe 2 : La relocalisation de l’alimentation dans la résilience des territoires

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